Quand la jeunesse tunisienne se lance dans des projets d’avant-garde (Vidéo)

Le 30 août dernier, un groupe de jeunes tunisiens ayant bénéficié des programmes d’échanges de la coopération internationale avec le ministère des affaires étrangères américain ont rencontré le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, au palais de Carthage en présence de l’ambassadeur américain à Tunis, Daniel Rubinstein.

Frappé par le potentiel de ces jeunes gens, le président a souligné l’importance de ces projets de coopération, l’impact qui en résultera et son importance pour l’avenir de la Tunisie.
Leaders est parti à la rencontre de 4 jeunes gens, ayant fait partie de cette délégation, afin d’en savoir un peu plus sur leurs expériences et projets :

Prévention et lutte contre l’extrémisme violent

Aslam Souli, jeune tunisien de 23 ans, fondateur de l’Initiative des jeunes tunisiens contre le terrorisme, a pris part du «International Visitors Leadership Program» en 2015, pour deux semaines au Minnesota, à Boston, et à Washington DC afin d’illustrer les efforts de coopération entre les acteurs gouvernementaux et privés dans la lute contre le recrutement, la formation et les actions des extrémistes.

L’«International Visitors Leadership Program» a permis à Aslem d’établir des échanges et d’accéder à des formations avec des ONG et institutions américaines sur la thématique de «la résilience communautaire et l’extrémisme violent» aux Etats Unis d’Amériques. D’ailleurs, depuis son retour en Tunisie, ce jeune joue un rôle important auprès de la commission gouvernementale pour la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, particulièrement dans la conception de recommandations pour la stratégie nationale de la lutte contre le retour des tunisiens des zones de conflits.

«On traite la thématique de la citoyenneté et le développement équitable en Tunisie. On œuvre actuellement à Hay Etadhamon, et auparavant à Douar Hicher et à Kasserine-Sidi Bouzid-Gafsa, à travers l’association Beder en guise de promotion de la citoyenneté, de la démocratie et de la bonne gouvernance. On fait plusieurs campagnes de sensibilisation sur le web ou localement dans les communautés cibles à titre de prévention contre l’extrémisme violent.»

Aslem a également mené des recherches sur la paix, la radicalisation et le terrorisme en Tunisie, notamment avec les bureaux de l’UNESCO-UNFPA, The New School Think Tank et l’Université de Denver. Le jeune prodige compte en plus une enquête spéciale sur l’extrémisme violent publié dans The New Yorker magazine; «Tunisia and the Fall after the Arab Spring».

Le pouvoir de la publicité pour un meilleur impact social

Sarra Arbi, une remarquable jeune femme de 28 ans, est CEO et co-fondatrice de G-dice; agence de communication digitale crée en 2014, comptant actuellement une quinzaine de jeunes employés et un ample portfolio de projets.

«La vision de Gdice est d’utiliser le pouvoir de la publicité pour générer un impact social».

Dans ses premières années à l’université, Sarra s’est lancée dans l’écriture créative pour entamer ensuite une carrière professionnelle dans la communication en multipliant les expériences au sein des agences publicitaires internationales. Sarra a notamment été invitée à titre de conférencière à de nombreuses reprises et elle croit fermement en l’autonomisation des jeunes, c’est d’ailleurs pourquoi elle utilise la communication sur les réseaux sociaux comme outil pour créer un impact positif dans sa communauté.

Sarra Arbi a pris part au « International Visitors Leadership Program » en 2015. Son séjour aux Etats Unis était axé sur la participation des jeunes à la société civile à travers des échanges dans diverses villes et cités américaines.

La Bioinformatique et l’innovation technologique

Amel Ghouila, chercheuse en Bioinformatique à l’institut Pasteur de Tunis. A participé au programme « TechWomen » en 2014. Le programme est destiné aux femmes opérant dans le domaine de la technologie venant des pays de l’Afrique du Nord et de l’Afrique Subsaharienne. Il vise à mettre en contact les femmes venant de ces régions avec les femmes leaders dans le domaine de la technologie et travaillant à la Silicone Valley en Californie aux Etats Unis.

« Durant 5 semaines j’ai eu la chance de travailler dans de nombreuses entreprises à la silicon valley sur le domaine de l’apprentissage en ligne (e-learning). J’ai travaillé sur le développement de méthodes efficaces afin d’attirer plus de personnes à suivre des cours en ligne. En rentrant de ce programme j’ai participé à la mise en place d’un programme d’enseignement à distance de bioinformatique pour tout le continent africain. J’ai également lancé une compétition (Technovation) pour les jeunes filles âgées entre 10 et 18 ans dont l’objectif est de leur apprendre les rudiments du développement mobile afin qu’elles puissent résoudre des problèmes dans leurs communautés».

Amel est fondatrice d’ATIVAT Tunisia, l’organisation pilotant le programme Technovation, en collaboration avec Orange, l’Ambassade américaine en Tunisie, l’UNICEF et UN Women. Technovation a été lancé en 2015 avec 54 filles, et aujourd’hui, le programme compte plus de 650 filles sur 22 gouvernorats.

La réalité augmentée

Sofiane Chaieb, est un jeune Technopreneur tunisien et alumni du programme Thomas Jefferson. Durant ce programme, Sofiane est allé aux Etats Unis pour une année d’étude (2014-2015) en ingénierie électrique à l’Université de North Dakota. Aux États-Unis, Sofiene a effectué des recherches approfondies sur les métiers spatiaux et les nano-satellites, a publié plusieurs articles scientifiques, a dirigé le «Rocketry Club» et a participé avec succès dans le «NASA-sponsored Mars Substance Vehicle Prize» pour le lancement d’une fusée scientifique à une hauteur de plus de 1173,48 mètres.

«Durant cette année, j’ai participé à plusieurs compétitions y compris une de la NASA dont le but consistait à envoyer des fusées pour Mars à petite échelle. J’ai également participé à des programmes de recherche où j’ai écris quelques papiers scientifiques avec la faculté ce qui nous ont permis d’établir des échanges de recherche entre l’Université de North Dakota, où j’étais, et l’école nationale d’ingénieurs de Sousse».

En 2016, Sofiane a reçu une subvention dans le cadre du Fonds d’innovation et d’entrepreneuriat des anciens diplômés du Département d’État afin de développer un système de recyclage des déchets de plastique en filaments d’impression 3D dans les universités tunisiennes. Il a été nommé jeune entrepreneur de l’année par le Fonds d’amitié du Qatar en 2015, «Startupper» de l’année par Total en 2016 et a reçu le lauréat du Prix d’entrepreneuriat technologique par l’ATB en 2016.

«J’étais diplômé de l’ENISo en 2016 et depuis j’ai lancé ma boite, une startup technologique qui travaille sur les technologies de la réalité augmentée. On a commencé par créer des applications pour les musées, qui permettaient aux visiteurs, dès leur entrée, d’accéder à un monde virtuel où ils pouvaient voir des personnages historiques, traduire les langages anciens etc.»

Aujourd’hui la boîte de Sofiane compte 7 personnes à Tunis et est en train de s’internationaliser avec le lancement d’une filiale au Canada.

Yesmine Mekni

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